Duo Lea Tania Lo Cicero / Nicolas Thirion

Lea Tania Lo Cicero, voix / Nicolas Thirion, traitements électroniques.

    La voix de Lea Tania Lo Cicero est une formidable matière première brute et délicate à la fois, toujours en mutation, du souffle au cri. Les dispositifs électroniques de Nicolas Thirion sont conçus pour l’improvisation : les feedbacks, micro-bouclages, filtrages et modulations analogiques permettent d’aller de micro-variations de timbres et de notes jusqu’à des chutes dramatiques et autres accidents rythmiques.

    Leur duo n’est pas uniquement une conversation entre deux instrumentistes, mais plutôt un pari de se tenir l’un et l’autre en équilibre sur une brèche, de chercher les zones limite entre espaces célestes et abysses.

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MicroMacroMashup

Un spectacle à la croisée du concert, du talk-show et de l’expérience sociologique in-vivo. MicroMacroMashup fait intervenir un groupe de musiciens, La Générale d’Expérimentation, collectif associé à Why Note, un journaliste, Martial Ratel,rédacteur en chef de Radio Dijon Campus, un expert… et le public, sollicité tout au long de la performance.

Les Musiciens de la Générale d’Expérimentation 

     Pour ce projet la Générale d’Expérimentation a réuni un groupe de trois à six musiciens issus de l’improvisation mais aguerri à l’interprétation du répertoire expérimental, se plaçant à la fois dans l’héritage de John Cage et de la New York School (la performance, le hasard, le silence, le temps, l’espace…) et celui de l’improvisation libre d’AMM ou Musica Elettronica Viva (les instruments détournés, l’électronique lo-fi…).

Partitions-textes notations graphiques : le défi du jouer ensemble

    Dans MicroMacroMashup, les musiciens de la Générale d’Expérimentation se confrontent à un répertoire atypique : des partitions-texte ou protocolaires, des partitions graphiques ou photographiques, des œuvres ouvertes, nous plaçant dans l’héritage de John Cage ou de la musique dite minimaliste. Ces pièces ont souvent un matériel réduit au départ : un texte, un dessin, parfois quelques notes, invitant à jouer avec des combinaisons et des variations des paramètres sonores. Les règles du jeu sont a priori simples, mais les implications artistiques sont complexes.

     Elles imposent aux interprètes de se poser une multitude de questions : comment est-ce qu’on joue cette musique ensemble ? Combien de temps on la joue ?  Quelle est la marge de manœuvre pour les interprètes vis-à-vis des demandes du compositeur ? Qu’est ce que faire un œuvre de manière collective ? Etc, etc. A chaque partition ses débats entre musiciens, ses atermoiements, ses revirements, ses partis-pris, et au final ses décisions collectives.

Une performance où tout le monde à son rôle à jouer

     Le spectateur est invité à faire ses retours aux musiciens, il peut même intervenir dans le processus musical, soit par une prise de parole, soit par des systèmes de vote à main levée. Il donne son sentiment, il manifeste ses émotions, il échange avec les autres spectateurs sur ses sensations.

     Cette relation entre les musiciens et le public est facilitée par un médiateur. Au sens propre puisqu’il est journaliste. Il est là pour créer et entretenir le contact entre les musiciens et le public. Il animera cette rencontre, il lui donnera son rythme.

     Enfin, dans le public est présent un ou plusieurs experts, spécialement invités par le lieu d’accueil du spectacle.

     L’expert est une figure majeure de notre temps, indispensable pour légitimer, hiérarchiser, énoncer les valeurs, Ça pourra être un musicologue, mais pourquoi pas un sociologue, un psychologue social, un éducateur sportif, un linguiste, un DRH, un responsable politique ou syndical, un prof de yoga.

     Le lieu d’accueil du spectacle, et son équipe, est donc un partenaire essentiel pour la construction de ce projet : en fonction du contexte, et d’un angle à choisir ensemble (politique, artistique, sociétal… nous pouvons choisir le programme ensemble, inviter un expert local

Des musiciens, un journaliste, des experts, une cinquantaine de spectateurs (ou plus) : une assemblée pour une expérience artistique, médiatique et sociale originale. Bien sûr, tout ça ne sera possible qu’avec deux ingrédients indispensables : une bonne dose d’humour et une bienveillance partagée.

Quelques œuvres au répertoire de MicroMacroMashup

  • Right Durations, de Karlheinz Stockhausen
  • Superstition’s Willing Victim, de Joseph Kudirka
  • A Few Silence, de Douglas Barrett
  • Chain II, de Tom Johnson
  • Having Never Written a Note for Percussion, de James Tenney
  • Swell Pieces, de James Tenney
  • Série des Things to Do, de James Saunders

Partitions Graphiques Animées

Un projet entre musiques expérimentales, arts numériques et arts plastiques.

     Partitions Graphiques Animées de Sébastien Roux est une collection de partitions générées en temps réel par ordinateur. Elles utilisent une notation non conventionnelle, faite de signes et d’images en mouvement. Elles placent les interprètes au coeur de la création, leur demandant de réagir immédiatement aux signes et symboles apparaissant à l’écran. Pour cela, les musiciens de la Générale d’Expérimentation ont déterminé en amont, lors de plusieurs temps de résidence, les objets sonores et modes de jeu instrumental qu’ils allaient mettre en oeuvre pour l’exécution des différentes pièces de la série.
     Les Partitions Graphiques Animées sont envisagées comme des études des manières dont le son influence et transforme notre vision d’un film ou d’une image et inversement. Chacune des partitions de la série – Anamorphose, 12 segments dans un hexagone, Sources/Filtres… – propose un angle d’investigation spécifique des interactions entre image et son et observe comment notre perception d’un son, de sa durée, d’un alliage de sons complexes, est affectée au contact d’une image en mouvement.
     Pour les spectateurs, en mesure de voir à la fois les musiciens et les partitions, c’est une expérience sensorielle multiple : ils sont mis dans une posture d’écoute et d’observation actives, ludiques et participatives.

Création
Fonds Régional d’Art Contemporain Franche-Comté – Besançon
28 novembre 2019

sebastienroux.com

Horizons Électroniques

Horizons Electroniques est une nouvelle phase du projet de l’ondiste Nadia Ratsimandresy.

     L’Onde Martenot est l’un des plus anciens instruments électroniques, inventé en 1928. C’est aussi l’un des plus séduisant, par son son unique d’abord, mais aussi par ses modes de jeux singuliers : l’anneau qui permet de moduler le son dans les graves ou les aigus de manière continue en glissando, le clavier qui vibre sous les doigts, la touche si sensible sous la main gauche pour les dynamiques et enveloppes du son…
     Nadia Ratsimandresy est l’une des meilleures ondistes en Europe, elle a interprété les grandes oeuvres d’Olivier Messiaen ou Tristan Murail, ou partagé la scène avec Radiohead.
     Mais Nadia Ratsimandresy refuse que son instrument soit uniquement considéré pour son charme vintage. Elle a lancé en 2015 un programme pour ondes solo et électronique live, élaboré en collaboration directe avec des compositeurs de sa génération.
Pour les compositeurs, c’est un défi passionnant : il s’agit de partir des modes des possibilités expressives de l’instrument pour inventer une onde « augmentée », point de départ d’expériences sonores inouïes.
     Les programmes des concerts Horizons Électroniques sont donc construits autour d’oeuvres de Carl Faia, Jérôme Soudan, Baptiste Chatel, Zeena Parkins, Sarah Wery, Li’Ying Wu, Konstantin Koukias, toutes sollicitées par Nadia Ratsimandresy et commandées par des centres de création et festivals en Europe et ailleurs (Cesare CNCM, Why Note, Festival Ars Musica Bruxelles, Huddersfield festival…) ou de pièces du répertoire du 20ème siècle – Karlheinz Stockhausen, Tristan Murail, Alain Louvier…
    Chaque concert peut être accompagné d’une présentation de l’Onde Martenot ou d’un atelier pédagogique animé par Nadia Ratsimandresy, également professeur d’enseignement artistique au C.R.R. de Boulogne-Billancourt.

Le Son des Flacons

Le Son des Flacons est une représentation musicale lié à une dégustation de vin, lorsque le vin devient partition.

« Tout est vibration et certaines sont plus fortes que d’autres, et pour moi ces vibrations viennent particulièrement quand je joue de la musique improvisée mais aussi quand je goûte un vin. Voilà d’où est née l’envie de tenter le pont entre le vin et ma pratique musicale. Nous goûtons, et la dégustation nous conduit à choisir nos modes de jeu. Tantôt nous jouons des sensations tel un souvenir, une odeur, un endroit… tantôt nous jouons la trame du vin, sa charpente, en passant par le début de bouche, la tenue, la longueur, que sais-je ? Bien-sûr tout cela reste subjectif, il s’agit pour moi de faire découvrir des vins différents tout autant qu’une façon différente de produire de la musique. À bons dégustateurs, Salut ! »

Benoît Kilian

Dodo en Do (dièse)

Quel est le plus court chemin sonore vers la détente absolue et le sommeil ? Quelles sont les bonnes ondes, quel est le bon rythme ?

Pendant plusieurs années, le compositeur Jean-Baptiste Masson a collaboré avec des laboratoires de psychologie de la musique sur des projets gériatriques et à la recherche d’une musique sédative. Le collectif La Générale d’Expérimentation lui a proposé de continuer ce travail en lui commandant une oeuvre « à dormir ». Stimulation des ondes alpha de notre cerveau, trompe-l’oreille propres à modifier nos états de conscience… la musique de Jean-Baptiste Masson endort, certes, mais n’ennuie pas ! Elle nous invite à un voyage sonore d’une heure ou plus, confortablement allongés sur des matelas. Pour Dodo en Do (Dièse) la Générale d’Expérimentation a réuni un trio de musiciens contemporains atypique. D’abord par son instrumentarium : grosse caisse d’orchestre à plat, mini vielle à roue, guitare préparée, dispositifs électroniques lo-fi, objets sonores détournés. La partition que leur a confié Jean-Baptiste Masson propose une écriture musicale différente : dans l’héritage de John Cage ou de compositeurs contemporains comme James Saunders ou Jean-Luc Guionnet, elle est construite autour de textes, de graphiques et autres consignes de combinaisons et variations des paramètres sonores (hauteurs, durées, dynamiques, timbres), comme s’ils suivaient le protocole d’une expérience scientifique, dont les spectacteurs seraient les cobayes. Rassurez-vous, aucun risque ! Vous en sortirez au contraire parfaitement détendus.